L'embouage de circuits

Les causes des pathologies des installations de chauffage à eau chaude sont en général induites par des formations de boues dans ces circuits.

 

L’embouage se traduit par :

  • Des surchauffes locales dans la chaudière qui conduisent à des vaporisations locales de l’eau – d’où des bruits de vaporisation – et, à terme, à l’éclatement des parties qui atteignent les limites d’élasticité du métal.
  • Une baisse de l’efficacité des échangeurs de chaleur, autrement dit, la température des locaux à chauffer ne permet plus d’atteindre les températures de confort précédemment obtenues.

En tant que gestionnaires d’immeubles  vous constatez une augmentation du nombre de réclamations concernant le chauffage. Vous constatez  une augmentation du coût de l’entretien induit par par exemple le  remplacement  des  pompes de circulation, vannes, ....

 

En qu'usagers de ces installations vous remarquez que les radiateurs sont froids dans les parties basses, vous entendez gargouillements dans les radiateurs qu’il faut purger pour évacuer les gaz s’accumulant aux points hauts de ces corps de chauffe.

 

Vous  constatez parfois des fuites d’eau sur les faces externes des radiateurs en acier. Ces fuites se caractérisent au début par un suintement d’eau qui apparaît au niveau d’une boursouflure sous la peinture du radiateur.

Vous êtes souvent obligé de faire des appoints d’eau ;

 

 

Les dépôts qui se forment sur les faces internes de l’installation sont à l'origine  :

  •  Des surchauffes locales dans la chaudière qui peuvent conduire à la déformation, voire à l’éclatement de ces surfaces de chauffe.

 

  •  Des dépôts côté eau dans les radiateurs diminuent la température de surface côté air.

 

  • Des corrosions sous dépôt par la formation d’une pile galvanique.

 

  • La pénétration d’oxygène dans l’eau du circuit par les parois des tubes ou au niveau des presse-étoupe des pompes de circulation entretient les piles galvaniques. Ces corrosions conduisent, à terme, à une perforation du métal sous-jacent.

 

 

 

 

 

 

A retenir 

La leçon qui se dégage de ces pathologies est qu’il est nécessaire de s’assurer, à la mise en service, que le circuit a été rincé pour éliminer au maximum les produits étrangers qui auraient pu être introduits dans le circuit lors de sa réalisation. Il est indispensable de faire la chasse à tous les appoints d’eau et toute pénétration d’oxygène qui génèrent des boues et des produits de corrosion. La mise en place d’un compteur volumétrique sur l’eau d’appoint permet d’apprécier la quantité d’eau ajoutée

 

 

Les boues

 

Les boues sont constituées :

  • De calamines et résidus . Les faces internes des tubes et des tôles d’acier qui sont assemblées afin de constituer les tubes et les corps de chauffe sont recouvertes de calamines. Les liaisons de tube à tube par raccords mécaniques ou à souder forment un grand nombre de déchets, morceaux de filasse, enrobage de métal d’apport de soudure autogène ou de soudo-brasure, qu’il est indispensable mais difficile d’éliminer avant la mise en service de l’installation.

 

  • De produits minéraux de l’eau qui précipitent sous forme de composés insolubles. Les eaux de remplissage et d’appoint contiennent un certain nombre de sels solubles au moment de leur introduction. Ces sels précipitent au moment du chauffage de l’eau ou au cours du temps. (par exemple les sulfates et carbonates de calcium et silicates qui se transforment en SiO2)

 

  • De produits de corrosion.

 

  • Des amas de produits bactériens prennent également naissance dans des circuits de chauffage basse température. Ce sont en général des ferrobactéries thermorésistantes, qui vivent en symbiose sous les dépôts. La gaine qu’elles fabriquent amplifie le dépôt et par conséquent la corrosion.